Récit d’allaitement de Charlotte

 

 

Tu es arrivée une froide nuit d’octobre, toute chaude à peine arrivée dans ce monde, tu as rampé sur mon ventre et tu t’es logée la contre mon sein.

Tes grands yeux noirs plongés dans les miens tu m’as nourrie d’amour, et ce premier regard m’a paru durer une éternité. Tu as tout de suite trouvé mon sein et quelle avidité. Je n’avais jamais imaginé que tu puisses déployer autant d’énergie pour téter. Tu es restée là contre moi et tu t’es endormie. C’est là que je suis née maman.

 

Puis nous sommes montées dans la chambre tu n’as quitté mes bras que quelques minutes pour des soins. Tu as tété toute la nuit quasiment toutes les ½ heures. Nous ne nous sommes pas quittées tu es restée au chaud contre moi.

Tout se passait très bien, ta technique de succion était bonne tu te débrouillais comme un chef, j’avais pourtant mal, tu tétais avec tant de vigueur que c’était parfois très difficile. Je me mordais les lèvres pour ne pas crier tant la douleur était vive (heureusement ça ne durait que quelques secondes).

Nous sommes rentrées chez nous, dans la douceur de notre foyer tu as vite trouvé ta place. Tu tétais toujours aussi bien, mais le lait tardait à venir, la SF inquiète de tes 10% de perte de poids, a prescrit de te donner du lait à la cuiller en complément.

Ca a duré longtemps, je n’avais pas beaucoup de lait et toi tu maigrissais, ou plutôt tu ne reprenais pas assez de poids, mais tu avais toujours autant d’énergie et de joie de vivre.

Amélie (la SF qui m’avait suivie pendant la grossesse) a été de bon conseil toujours à l’écoute, tisanes de fenouil, levure de bière et autres aliments galactogènes y sont tous passés. Elle a su me conseiller et me rassurer sur ma capacité à te nourrir.

Tu as repris ton poids de naissance à 3 semaines (j’avais fait pareil)

 

Devant mes « pannes de lait » a répétition, outre le repos et le fait de boire beaucoup, Amélie m’a prescrit du motilium*(1), et là ça a été miraculeux pour nous. Tu avais tout le lait dont tu avais besoin, et tu t’es mise à bien grossir. Fini le dictat de la balance tous les jours (imposée par la pédiatre) j’en étais malade de ne pas te voir prendre les 30g imposés par jour. Ca a été une période très dure, je pleurais souvent parce que j’avais l’impression d’être une mauvaise mère en ne sachant pas te nourrir correctement. Heureusement les associations de mamans allaitantes m’ont rassurée et aidée à passer ce cap, car au niveau médical c’était plutôt culpabilisant, m’incitant à te donner du lait maternisé. Mais nous avons tenu bon et continué ensemble cet allaitement.

 

J’ai repris le travail quand tu avais 3 mois, tire lait et compagnie, tu prenais mon lait au biberon quand je n’étais pas là. Aux alentours de 4 mois tu n’as plus jamais voulu prendre de biberon, j’ai ralentis mon rythme de travail pour pouvoir t’allaiter exclusivement. Très vite tu es passée a 4 tétées le jour et 1 ou 2 la nuit.

Passés tes 3 mois, plus aucune douleur lors des tétées, et quel bonheur de te sentir tout contre moi, cette complicité, ce lien unique qui nous unit toutes les deux. Quand tu têtes, tu es toute à moi.

La rencontre avec le docteur D, m’a aussi permis de prendre encore plus confiance en moi et surtout en toi. Sur ta capacité à téter et à grandir. Pour lui chaque enfant grossit à son rythme et fini la satanique pesée systématique (seulement quand on va le voir).

Le motilium*(1) nous a accompagnées jusqu'à tes 6 mois et le début de la diversification.

 

Comme a ton habitude (tu fais souvent les choses avec beaucoup d’envie) tu t’es jetée sur les compotes et les légumes (que je te prépare avec amour, c’est une autre façon de te nourrir). Et là tu as largement rattrapé ton poids. Tu grandis et grossis parfaitement.

J’adore ces moments de complicité tu te nourris de moi et moi de toi, vraiment quel bonheur d’être mère.

J’ai rencontré via le net, plein d’autres mamans qui allaitent et on se retrouve parfois pour des goûters très sympathiques.

 

A neuf mois et un jour tu n’as plus voulu de mon sein, tu détournais la tête, je me suis alors beaucoup documentée (LLL etc…) et en ai parlé aux copines, cette période coïncide avec une poussée dentaire. Peut être la douleur t’empêche t’elle de téter, tu manges très bien à la cuiller, qu’à cela ne tienne je te propose donc de téter à chaque repas habituel mais c’est une fin de non recevoir. Là aussi j’ai eu du mal à m’y faire, je ne pensais pas que tu allais te sevrer de moi aussi rapidement et si brusquement.

Ta grève de tétée s’est poursuivie et tu n’as plus jamais tété (c’était il y a un peu plus d’un mois, et l’émotion me gagne encore de l’évoquer).

J’ai continué à tirer mon lait pendant encore quinze jours puis je n’en ai plus eu assez, le tire lait ne stimule pas assez pour moi.

Depuis lors tu ne bois plus de lait (sauf en bouillie avec des céréales), mais tu adores le fromage blanc et les yaourts. Tu bois de l’eau à la paille.

Merci de m’avoir permis de vivre cette expérience magnifique, tous les jours un peu plus tu me fais mère.

 

 


(1) le MOTILIUM* est donné UNIQUEMENT sur avis médical.
Les allaitements de Marie-Aude

Tout a commencé il y a 3ans 1/2 avec Ambre : 3.540kg à la naissance, accouchement express, pas le temps d’avoir mal (ou presque !). J’avais décidé d’allaiter, sans me mettre la pression, en me disant que si ça ne marchait pas l’important était que le bébé aille bien.

Bébé était en bonne santé mais c’était mon 1er , beaucoup de stress, peur de ne pas y arriver, fatigue et pas vraiment d’entourage pouvant me conseiller; et voilà les 10% fatidiques de perte de poids(par rapport au poids de naissance). Ambre avait de plus en plus de mal à prendre le sein car elle avait très faim et s’énervait trop. Alors déploiement de la panoplie de sauvetage : Tire-lait, complément de lait, réveils réguliers pour la faire téter et une équipe géniale toujours calme, présente et surtout confiante ! Et ce qu’on désespérait de voir arriver arrive : le lait ! Et là, tout repart dans l’autre sens, courbe de poids et moral remontent.

Je suis très reconnaissante à l’équipe de la maternité d’avoir respecté mon souhait d’allaiter, de m’avoir soutenue jusqu’à la réussite et d’y avoir cru(souvent plus que moi). Ensuite j’ai commencé à aller aux réunions de l’association ALLAITER SIMPLEMENT, ce qui m’a permis un allaitement serein  et d’avoir de bons conseils pour trouver le moyen qui me convenait pour continuer à allaiter tout en travaillant. J’ai allaité Ambre jusqu’à ses 14 mois, jusqu'à ce que je tombe à nouveau enceinte et alors la fatigue du début de grossesse et le travail ont fait que j’ai eu moins de lait (je le sais car je n’arrivais plus à tirer de lait à mon travail). Alors elle a tété de moins en moins puis, un jour, elle a arrêté. Cela tombait très bien, je voulais qu’elle laisse la place au bébé à venir et ça c’est fait naturellement sans les désagréments d’un sevrage « forcé ».

L’histoire continue, aux  21 mois d’Ambre, naissance de Malo, 4.250kg. Accouchement idéal comme pour Ambre, aucun problèmes, tout va bien !

Je suis persuadée que ça va aller, j’ai déjà allaité, je ne suis pas stressée, l’accouchement ne m’a pas trop fatiguée (car assez rapide) et c’est un gros bébé ! Il tète d’emblée très bien, est plutôt calme, tout va donc très bien. Et patatras, re-10% de perte de poids, on va compléter ! Je ne comprends pas, un gros bébé comme ça, compléter si rapidement…Tout s’effondre, je revoie toute la panoplie (tire-lait, complément,…). Evidemment, ça ne tombe pas au bon moment, baby-blues oblige. J’ai beau savoir que la 1ère fois ça a tout de même marché, je suis démoralisée. Je voulais y arriver toute seule, je me sens dépossédée de mon bébé et je regrette un peu qu’on ne m’ai pas proposé, ou à mon mari, de lui donner le complément. Deux compléments et une nuit plus tard, la courbe est remontée, avec mon moral bien sur. Avec le recul, je pense qu’on aurait pu éviter les compléments de lait de vache (il y a quand même pas mal de risques d’allergie pour la suite). Si j’avais été dans mon état normal, c’est à dire avec un taux hormonal classique, pas fatiguée, ne venant pas d’accoucher en fait! J’aurai refusé le complément, j’aurai pris Malo dans le lit avec moi on aurait fait du peau-à-peau pour stimuler la lactation et je l’aurai mis plus souvent au sein. Cette fois-ci j’ai fait un peu trop confiance au personnel et pas assez à mes capacités et mes connaissances maternelles et, pas de chance, ce n’était pas la bonne personne qui travaillait ce jour là. Je suis sûre qu’elle n’avait que des bonnes intentions seulement elle n’a pas cherché à connaître les miennes et a choisi pour moi ce qui était le plus simple et le plus sur pour elle.

Passés ces débuts difficiles, j’ai eu des allaitements de rêve, certainement grâce à mes participations aux réunions de mères de l’association. Entendre les difficultés des unes et les « trucs » des autres m’a certainement permis d’éviter pas mal de désagréments et m’a conforté dans l’idée que l’allaitement  est la meilleur chose à offrir à un tout petit lorsqu’il arrive au monde. Au fil du temps ça devient facile et naturel, c’est un immense bonheur que de partager cela avec le bébé mais aussi avec le papa et la grande sœur qui sont les meilleurs soutiens qu’on puisse trouver.

Marie-Aude, maman d’Ambre 3ans1/2 et Malo 21mois.

Aujourd’hui, Malo tète toujours de temps à autre, à 21 mois  je pense qu’il va bientôt arrêter et passer à autre chose. J’aurai certainement un petit regret lorsque ce sera fini mais c’est avec plaisir que je l’aiderai à grandir et à continuer son chemin, sachant que je lui aurai donné le meilleur pour débuter !

Recommander

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus